Je voudrais saluer et surtout remercier tous les participants du cours sur les bouvillons d'abattages offert par l'ITA qui a eu lieu cette semaine à Drummondville. Ce fut très enrichissant de connaître votre réalité et surtout vos défis.
Pour les cours de grains, n'hésitez pas à contacter l'ITA pour votre inscription.
Maïs
Le maïs est surtout supporté par les hausses incessantes des prix de la fève et surtout par la possibilité de la baisse des récoltes en Amérique du Sud. Par contre, il sera intéressant de suivre la demande domestique réelle dans les prochaines semaines.
Tel que décrit par l'équipe de Grainwiz, la production d'éthanol à beaucoup chuté la semaine dernière et c'est sans compter la fermeture d'une usine en avril prochain (et quelques rumeurs de fermetures de d'autres usines). Je considère le fait que le USDA ait décidé de réduire la consommation de maïs pour la production d'éthanol pour la prochaine année récolte de 5 milliards de boisseaux à 4,95 milliards de boisseaux dans le Forum Outlook de la semaine dernière est révélateur de ce que vit ou va vivre l'industrie dans les prochains mois.
De plus, la consommation de maïs dans les rations animales est en constante baisse depuis quelques mois en raison de la baisse d'animaux en sol américain. La diminution de production de volailles n'est pas assez discutée par les marchés, mais elle demeure en baisse de presque 6% aux États-Unis. De plus, les producteurs de bœufs avaient mis davantage de veaux dans les parcs d'engraissement en raison du manque de pâturages, mais avec les conditions climatiques qui viennent de s'améliorer cette saison, il est possible que ces animaux prennent le chemin des champs dans les prochains mois. Il n'y que la production porcine qui connaitra une certaine croissance en 2012 (+2%).
Ainsi, il demeure que seules les exportations seront en mesure d'augmenter la demande de maïs américain. Le USDA va probablement hausser ces exportations dans les prochains mois afin de refléter la baisse de production en Amérique du Sud. De plus, il est encore économiquement viable pour la Chine d'importer du maïs américain à ces niveaux. C'est la raison pourquoi, les autorités sont encore présentes sur les marchés d'importations.
Les marchés financiers sont aussi à surveiller puisque si les problèmes de la Grèce semblent maintenance choses du passé (jusqu'à la prochaine fois!), les problèmes de l'Espagne arrive sur les fils de presse. Essentiellement, le pays vient de mentionner qu'elle manquera les objectifs de réduction du déficit. Mais le pays ne peut plus couper dans les dépenses ; le chômage vient d'atteindre les 24% cette semaine et chez les jeunes de moins de 25 ans, le taux atteint presque les 50% Le quart de la population est sans travail! Est-ce le prochain pays a faire trembler l'Europe?
Bœuf
L'exubérance vient de dépasser le simple enthousiasme dans le complexe du bœuf. Techniquement, il faudra surveiller le « upside breakout » qui pourrait se produire sur les contrats d'avril si les prix devaient dépasser les $131.50. Par contre, je crois qu'avec la hausse du pétrole et de l'essence hier sur les marchés à terme, il est fort possible que les prix du bœuf retraitent un peu. Pour ajouter, si les prix devaient reculer ceci pourrait constituer un double-haut ce qui pourrait inciter certains négociants à fermer des positions acheteurs. D'ailleurs, on peut le voir sur les graphiques, l'augmentation des volumes coïncident avec une légère baisse de l'open interest ce qui indique que certains joueurs se retirent du marché.
Le Nebraska, le Texas et le Kansas ont négocié des bouvillons à des prix oscillant autour de $128 au comptant hier. Bien que les volumes demeurent anormalement bas, ces prix sont assez significatifs et reflètent la tendance de la semaine. Dépendamment des régions les prix seraient inchangés par rapport à la semaine précédente (les prix étaient à $129 au Texas, mais $128 Kansas). Les vendeurs d'animaux se situent maintenant à $132 pour ce vendredi et la semaine prochaine.
Il semble aussi que le poids moyen est de 15 à 20 livres supérieurs aux animaux abattus l'an denier.
Les ventes à l'exportation ont été bonnes quoique décevantes en se chiffrant à 13 200 tonnes métriques. Les ventes à l'exportation demeurent à un rythme supérieur à l'an dernier.
Les découpes ont commencé à ralentir : Choice en baisse de $0.35 à 198.45 et les Select demeurent inchangées à 195.15. Les prix demeurent près des niveaux records enregistrés en début de semaine.
La montée récente est vraiment l'affaire des fonds. Les spéculateurs font monter les prix comme s'ils avaient de l'argent disponible et devaient investir cet argent rapidement. Ils semblent avoir ajouté plus de 5000 contrats cette semaine d'après certaines estimations.
Porcs
Il est difficile de trouver des explications (hausse des prix du bœuf) pour la hausse des deux derniers jours, mais la réalité est que les prix reviennent sur les sommets de la fin de la semaine dernière et du début de la semaine.
Par contre, il faudra d'excellentes nouvelles pour supporter les prix à ces niveaux et le calendrier est vide pour espérer ce genre d'événements. Les fonds sont actifs dans les marchés et achètent, supportant ainsi les prix. Le manque de vendeurs est aussi bien palpable.
Les prix au comptant, malgré des indications à la hausse dans certaines régions (+$1.00) continuent tranquillement de descendre dans les faits puisque le Lean Hog Index est en baisse de $0.33 à $87,63 au 28 février. Le prix de la découpe a terminé en baisse de $0.03 à $84,86. Les marges demeurent ainsi négatives pour les abattoirs qui ne semblent pas reprendre le contrôle du marché. Le poids moyen des porcs demeure aussi une donnée à ne pas négliger puisque normalement celui-ci devrait diminuer, mais il demeure ferme.
Tout comme le bœuf, il faut faire attention à la hausse des prix cette semaine puisque la hausse de volumes, mais la diminution de l'open interest pourrait donner des signes de fragilité du marché sur les contrats d'avril.
Le marché demeure sous un certain optimisme puisqu'il semble que les prix au détail sont en baisse par rapport à l'an dernier alors que les prix du bœuf sont en hausse ce qui pourrait supporter le fait les consommateurs pourraient augmenter leur consommation de viande de porcs au détriment du bœuf. Nous verrons dans les prochains mois si ceci s'avère avec les rapports de Cold Storage.
