Nouvelle

Commentaires du matin - 17 janvier 2011

17 janvier 2011,

 Maïs

Malgré le congé américain et bien qu'il n'y ait pas de négociation aujourd'hui, nous pouvons prendre quelques instants afin de faire un tour des nouvelles qui pourraient modifier la semaine qui vient.

La Chine vient de hausser les taux de réserves dans les banques chinoises, taux requis afin de prêter à leurs clients (les banques doivent conserver un pourcentage du prêt à la banque centrale). Cette mesure, mise de l'avant pour la septième fois en un an, tente de réduire l'activité économique du pays en réduisant l'accès au crédit. Pour l'instant, le pays semble échoué dans sa tentative de réduire les hausses des denrées malgré toute sa bonne volonté. Le parti au pouvoir en fait sa priorité puisque des protestations politiques (telles que nous les avons vécues en Tunisie depuis quelques jours - le président a dû fuir le pays) peuvent être une menace pour le pouvoir en place. Plus de 600 millions de chinois consacrent plus de 50% de leur budget pour leur alimentation.

Toujours concernant la Chine, la rumeur veut que le pays, qui devait importer du maïs, se soit retiré du marché parce que les négociants trouvent les prix trop élevés en ce moment. Plusieurs analystes croient surtout que les Chinois trouveront encore les prix plus chers plus tard! La Chine a offert plusieurs tonnes de leurs réserves nationales et le pays doit nécessairement remplir une partie de celle-ci. De plus, à croire certains analystes, même si les producteurs de maïs chinois avaient une récolte exceptionnelle en 2011-2012, il serait possible que celle-ci soit insuffisante pour combler tous les besoins des consommateurs et remplir leur réserve.  Encore une fois, nous verrons si cela s'avère.

L'Argentine demeure une source de préoccupation constante. Le bureau du Buenos Aires Grain Exchange a annoncé ses estimations pour le maïs à 20.3 millions de tonnes alors que le USDA  l'estimait à 23.5 millions de tonnes. Par contre,  tous les analystes sondés mettaient la récolte à 20 millions de tonnes, ce n'est donc pas une surprise. Nous arrivons à un point de non-retour pour la récolte de maïs : il faut davantage de pluie! Nous verrons si la quantité reçue et à recevoir cette semaine sera suffisante pour stopper la baisse de rendement. Par contre, il semble que les températures chaudes et sèches seront de retour en fin de semaine (jeudi- vendredi).

Tous les consommateurs sont conscients de diminuer leur consommation de maïs, tous sauf l'industrie de l'éthanol. En effet, l'industrie continue de consommer à un rythme impressionnant : 93 millions de boisseaux par semaine. Ce qui constitue une utilisation de 2 millions de boisseaux au-dessus des estimations du USDA avant le rapport de mercredi dernier. L'industrie demeure avec des marges bénéficiaires intéressantes et avec un baril de pétrole surpassant les $90, les prix de l'éthanol ne vont pas en diminuant.  Plusieurs analystes prévoient l'atteinte de $100 pour le baril de pétrole en raison de la vigueur de l'économie mondiale, l'éthanol ne pourra que suivre cette tendance. La seule variable qui pourrait affecter la production d'éthanol-maïs sera la mise en place de technologies différentes : l'éthanol cellulosique. Mais les usines verrons le jour dans quelques années ce qui ne règle pas le problème aujourd'hui.

Objectif sur les contrats à terme de mars et mai 2011 : $7.00! Je crois aussi important de surveiller les spreads en les mois de mars et mai et juillet qui ont tendance à se rétrécir ce qui se produit dans un marché de pénurie. Nous verrons jusqu'où cette situation peut se rendre.

 

Bœuf

Les prix ont touché des sommets jamais atteints depuis que le contrat à terme de bouvillons existe (1964), la même situation est arrivée sur les contrats de veaux d'embouche (1971).  Sommets réalisés en raison de la hausse des intrants, mais aussi d'une demande très forte au niveau des exportations de viandes de bœuf.  La demande étrangère de,  janvier à octobre 2010, est de 16.9% supérieure à l'année précédente. De plus, déjà en 2011, les exportations sont supérieures de 19.5% par rapport au rythme de l'an dernier (2010)!  

Ce qui est surprenant c'est la hausse constante des prix puisque la production semble dépassée toutes les attentes. Le rythme de production de viande est de beaucoup supérieur aux mois de l'an dernier : les 6 dernières semaines seulement, nous avons constaté une production supérieure à 9% par rapport à l'an dernier.

Il est important de demeurer prudent malgré l'enthousiasme dans le marché en ce moment. Il faut surveiller les niveaux des grains et voir comment l'industrie va se positionner avec des prix aussi élevés dans les prochains mois. (Les prix au comptant ont suivi dans une proportion moindre la hausse des contrats à terme).

 

Porcs

Malgré l'atteinte de nouveaux sommets et d'excellentes données au sujet des exportations, le porc n'a pu continuer sa progression. Pourtant la découpe continue son ascension : $85.14, une hausse de $1.35.  Le prix au comptant ne monte pas aussi rapidement que les contrats à terme et c'est une raison suffisante pour la hausse des prix du contrat à terme de février cesse momentanément. De plus, les poids moyens des porcs constituent un autre frein : 275.8 livres versus 269 livres l'an dernier. C'est grandement supérieur à la norme  en cette période et il semble que ceci alimente la spéculation sur le fait qu'il y ait peut-être des producteurs qui ne sont pas courant dans leurs mises en marché.

Le mois de novembre aura été marqué par des exportations de 406.15 millions de livres, ce qui est en hausse de 6.7% par rapport à l'an dernier, mais aussi constitue le meilleur mois depuis le printemps 2008. Le USDA prévoient des hausse s des exportations de 9.1% en 2011 par rapport à 2010.


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