Maïs
Malgré les anticipations d'inventaires très serrés, le prix du maïs ne semble pas s'emballer à la hausse. De plus, le maïs est encore chanceux que le soya se dirige inlassablement vers le haut puisque sans cette traction, les prix seraient davantage à la baisse.
Il manque d'impulsion positive sur les prix. La venue des représentants chinois en sol américain aurait pu fournir un bon prétexte à des ventes, mais il semble qu'aucune annonce officielle ne soit venue.
Le forum sur l'Agriculture organisé par le USDA continue de provoquer certaines réactions. Il semble que les producteurs sèmeront la plus grande superficie de maïs en 2012/2013 (depuis 1943/1944), ce qui n'est guère une surprise, par contre, les rendements sont estimés initialement à 164 boisseaux/acre. Ce chiffre peut constituer une surprise puisque si ceci s'avérait, les inventaires finaux de maïs pourraient tripler pour l'an prochain. C'est la raison pourquoi les contrats de décembre 2012 se situent présentement à $5.60 US le boisseau. Cet énoncé rassure les acheteurs qui se permettent de retarder certaines couvertures et des achats pour plus tard ce printemps et à l'été.
De plus, avec le prix du blé qui a chuté abruptement, il est possible pour certains de pouvoir consommer le blé dans les rations animales à un coût moindre. C'est ce qui relance la baisse dans le maïs en ce moment.
Ce matin, les ventes à l'exportation se sont chiffrées à plus de 1 million de tonnes. C'est largement au-dessus des anticipations (750 000).
La production d'éthanol a légèrement remonté hier. Les usines américaines ont produit en moyenne 928 000 barils par jour ce qui constitue une demande en maïs représentant 98,85 millions de boisseaux. Encore une fois, la demande de maïs est supérieur aux anticipations du USDA qui se situent davantage autour de 94,5 millions de boisseaux par semaine. Ce qui me trouble le plus dans ces chiffres se sont les inventaires d'éthanol qui semaines après semaines font de nouveaux records : 21,5 millions de barils. Par chance pour les usines d'éthanol, les prix du maïs baissent et le prix de l'éthanol demeure stable à $2,21 le gallon.
Sur le plan financier, plusieurs problèmes reviennent hanter les marchés depuis hier. La Grèce, les agences de notations, l'Europe qui a un pied dans la récession, la hausse du dollar américain. Toutes ces nouvelles viennent affecter l'humeur des investisseurs qui délaissent une partie des marchés des commodités.
Bœuf
Le marché retrouve avec grand plaisir sa saisonnalité et ainsi les hausses. Cette période de l'année demeure toujours une bonne période de hausses pour les produits du bœuf. Plusieurs grossistes achètent à l'avance des produits afin de se préparer pour la saison des BBQ qui débute dans certains états américains! De plus, cette année, il semble y avoir un certain enthousiasme de la part des consommateurs à acheter des produits du bœuf. Les restaurants aussi semblent faire de bonnes affaires lorsqu'on regarde le RPI (Restaurant Performance Index). Malgré des prix élevés, les consommateurs domestiques sont au rendez-vous.
De plus, les exportateurs sont aussi présents dans le marché pour combler l'appétit des acheteurs étrangers. Le USDA a publié la semaine dernière ces chiffres d'exportations. En général, l'année 2011 a atteint des ventes moyennes établies à près de 77 000 tonnes mensuellement. L'année avant la fermeture des frontières en raison des problèmes de « vaches folles » (2002/2003), les ventes se chiffraient en moyenne à 71 000 tonnes par mois. C'est dire toute la progression de l'industrie depuis quelques années.
Le prix est encouragé par ces facteurs, mais aussi par la diminution des bêtes proposées aux abattoirs. Depuis 2 semaines, on sent que soit les producteurs semblent conserver les bêtes, soit les abattoirs qui veulent réduire les abattages. Le marché continue de s'ajuster à la baisse des animaux disponibles dans les prochains mois et les contrats à terme pour 2012 et 2013 continuent d'atteindre de nouveaux sommets.
Les découpes supportent la hausse des prix au comptant : Choice en hausse de $1,43 à 189,38 et les Select en hausse de $1,68 à 184,27. Les marges des abattoirs continuent à s'améliorer et ceci pourrait se refléter sur les prix au comptant cette semaine. Pour l'instant peu de prix sont apparus sur les écrans des négociants, on juge que les prix pourraient se situer autour de $125 dans certains états américains. On sent que certains producteurs voudraient obtenir davantage et proposent des prix autour de $127.
Porcs
Remontée spectaculaire de la découpe hier sur le rapport du USDA : une hausse de $2,41 pour s'établir à $88,21. Toutes les coupes ont contribué à la hausse. De plus, les grossistes ont acheté massivement cette hausse signe d'un retour des acheteurs après avoir déserté depuis 1 semaine. Ceci a pour effet de propulser les contrats d'avril en forte hausse et à des niveaux sur lesquels il faut se questionner à mon avis.
Le Lean Hog Index est sorti en baisse de 0,10 à $87,36 au 13 février.
Le poids moyen des porcs abattus dans l'Iowa/Minn semble vouloir progresser en atteignant 275,9 livres versus la semaine précédente à 275,4 livres. C'est tout de même 3 livres supérieurs à l'an dernier. Au mercredi, le marché aurait abattu 1 263 000 porcs contrairement à l'an dernier qui se situait à 1 243 000. Plus de porcs... plus lourds...
Plusieurs rumeurs ont envahi les fils de presse hier :
1) La Chine voudrait négocier une entente sur l'importation de viandes de porcs. On sait que des représentants chinois sont en visite à Washington cette semaine, il est donc possible que ces rumeurs soient vraies. Il semble aussi que les prix du porc soient en hausse de 25% le mois dernier en Chine, et les autorités voudraient bien diminuer leur inflation par l'importation de viande de porcs américains. Or, on sait que la production de viandes bœuf et de poulet sera moins importante cette année, les yeux se tournent naturellement vers la viande de porc.
2) Il est possible que 2 abattoirs réduisent volontairement leur capacité d'abattage en raison des marges négatives présentement. Ainsi, il faut faire attention avec le fait que les abattoirs feront de meilleures offres pour le porc au comptant dans les prochains jours.
