Maïs
Le rapport du USDA est venu éviter au maïs et aux autres grains une dégringolade certaine hier! Bien que négative au départ, la réaction du marché fut de ramener rapidement le maïs la où il avait laissé ces derniers jours. Beaucoup de choses ont été dites sur le rapport et je n'ajouterai rien de plus. Le comportement du prix fait loi et dicte une continuité du mouvement haussier continue jusqu'à atteindre probablement les $6.80 sur les contrats de décembre. Ce niveau demeure un objectif technique fort réalisable dans les circonstances.
Par contre, l'état de l'économie mondiale peut grandement influencer l'évolution du prix. Maintenant que l'attention se tourne vers l'Italie et sa dette, il est possible que certains fonds et investisseurs veuillent liquider une partie de leurs positions dans certaines commodités afin de constituer des réserves en argent comptant pour affronter la crise qui vient. (L'Italie est la troisième économie en importance en Europe).
La production d'éthanol produite demeure aussi supérieure aux attentes pour une 4ieme semaine consécutive. De plus, les stocks d'éthanol sont en baisse, ce qui indique une demande très forte pour le produit. Plusieurs analystes se demandent quand le USDA augmentera la consommation de maïs pour la fabrication de l'éthanol. C'est l'as caché du USDA dans les prochains rapports. Depuis quelques années, on se doute que la conversion maïs en éthanol est meilleure que le ratio officiel utilisé par le USDA qui se situe à 2.7 gallons d'éthanol par boisseau de maïs. Dans les faits certaines usines peuvent produire de 2.83 gallons ou même 2.95 gallons par boisseau de maïs. Ainsi, le USDA estime l'utilisation de 5 milliards de boisseaux avec le rendement de 2.7 gallon/boisseau, mais si l'organisme utilisait le ratio de 2.83 gallons/boisseau, l'utilisation réelle serait de 4.78 milliards de boisseaux. Une diminution de 220 millions de boisseaux ce qui pourrait faire remonter les inventaires finaux à plus de 1 milliards dd boisseaux! Ceci pourrait constituer la carte cachée dans le jeu du USDA afin de tempérer les hausses de prix au printemps prochain. Si L'économie mondiale s'enfonce dans la crise comme en 2008, le USDA pourra conserver cette carte pour une prochaine fois.
Bœuf
Malgré la baisse importante des bourses, le marché du bœuf se maintient, mais attend qu'un événement se produise. En fait, le marché attend des nouvelles sur les marchés au comptant cette semaine. La semaine dernière, plusieurs analystes ont été pris par surprise avec une hausse subite du marché au comptant. Cette semaine tout le monde demeure sur le qui-vive. Les acheteurs se situent à $121 et les vendeurs offrent les bêtes autour de $124-$125.
Le USDA a prévu des baisses de production par rapport à son dernier rapport : baisse de 33 millions de livres pour le dernier trimestre de 2011 et une baisse de 65 millions de livres pour 2012. En fait, la production pourrait baisser de 3.4%, 4.0% et 4.7% pour les trois premiers trimestres de 2012 par rapport à 2011. De plus, le marché de l'exportation pourrait demeurer très fort compte tenu des récentes décisions du Japon concernant la possible importation de viande de bœufs âgés de moins de trente mois d'âge. La Corée du Sud demeure un marché de choix pour les exportateurs.
Le détaillant américain Walmart a décidé de « stocker » davantage de viande de bœuf (coupes Choice) dans ces 3800 magasins ce qui peut avoir aidé récemment. On verra si les consommateurs américains seront au rendez-vous.
Si les récents déboires économiques deviennent temporairement absents de la scène médiatique, il est possible que le bœuf revienne vers les sommets réalisés récemment. Novembre demeure un mois consacré davantage à la viande de porc et de la volaille, alors il est normal de voir moins d'intérêt pour le bœuf. Par contre, décembre sera à nos portes dans une vingtaine de jours et avec lui des hausses possibles.
Porcs
Le prix du porc pourrait avoir attient les bas saisonniers hier. Les supports techniques ont bien tenu le prix au-dessus des moyennes mobiles. Malgré des baisses sur la découpe, les acheteurs continuent de manifester un grand intérêt pour la production ce qui indique que malgré les déboires économiques mondiaux, les acheteurs sont encore à nos portes pour acheter cette viande à un moment où la quantité produite est importante.
La seule ombre au tableau demeure la présence incertaine des fonds qui sont grandement acheteurs dans ce marché et qui pourrait vouloir liquider certaines positions en ces temps économiques incertains.
Le prix au comptant continue sa chute au ralenti cependant : $89.12 au 7 novembre en baisse de 35 cents. La découpe, quant à elle, après un léger rebond la veille, a perdu hier $0.90 pour terminer à $90.43. On peut constater que les marges des abattoirs commencent sérieusement à reculer vers le rouge.
Le poids moyens des porcs abattus se situaient à 274.7 livres versus 273.5 livres la semaine dernière et 275.9 livres l'an dernier. Habituellement, on attient le maximum des poids à cette période-ci. Les poids moyens devraient ainsi diminuer dans les prochaines semaines.
De plus, l'écart entre le contrat à terme de décembre et le comptant demeure large pour cette période de l'année. Il est donc possible que les prix des contrats se raffermissent un peu dans les prochains jours. Les contrats de février sont dans une situation similaire.
