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Commentaires du matin - 10 février 2012

10 février 2012,

Maïs

Peut-on être surpris par la réaction des marchés hier face au rapport du USDA? Oui et non! Il est somme toute surprenant que malgré l'impulsion plutôt positive suite au rapport, le marché n'ait pu « travailler » sur ces gains et sur la situation problématique qui pourrait arriver cet été suite à des rationnements de maïs à certains endroits. Si les contrats à terme de maïs baissent, il faudra s'attendre par contre à ce que les bases puissent continuer vers la hausse malgré les niveaux importants qu'elles atteignent à cette période de l'année.

D'un autre côté, il ne faut pas oublier que le marché s'attendait à de telles données de la part du USDA et que la majorité des chiffres étaient connus d'avance. Le marché se tourne résolument vers le futur et oublie le passé. Le passé est le fait que les inventaires sont et seront serrés pour les prochains mois, que les récoltes sud-américaines ont été décevantes, que la demande pour le maïs de la part des usines d'éthanol a atteint des sommets inégalés. Le futur est le fait que ces mêmes usines d'éthanol ont commencé à réduire leur production, que la production de volailles aux États-Unis ne se relèvent pas, que les inventaires mondiaux dans le blé ne cessent de grossir (les plus élevés des 12 dernières années) et que les semis de maïs seront sans précédents en sol américain.

A moins de surprises (hausse des exportations dans les prochains rapports, mauvaise météo ce printemps dans le Midwest), il sera difficile au prix du maïs à Chicago de se relever. Par contre, les bases (ou les primes selon certains) pourront afficher des gains intéressants ce qui aura un effet à peu près nul sur les prix.

Les ventes à l'exportations ont déçu les analystes hier en sortant à 694 100 tonnes versus des attentes qui étaient près de 800 000 tonnes.

La production d'éthanol a atteint 923 000 barils par jour; le plus bas niveau de production depuis le 18 novembre dernier. Ainsi les usines ont consommé près de 98,32 millions de boisseaux de maïs. Par contre, les inventaires d'éthanol ont fracassé encore un record (la semaine dernière) en atteignant 21,063 millions de barils.

 

Bœuf

Le bœuf aura presque réussi à regagner le temps d'un instant les sommets atteints il y a 2 semaines. Mais encore une fois, plusieurs participants se demandent si les prix élevés ne nuiront pas aux producteurs puisque les consommateurs seront moins réceptifs à la viande chère dans les supermarchés.

Par contre, les fondamentaux du marché du bœuf continuent de brosser un tableau assez éloquent sur l'offre de viande de bœuf de la part des producteurs. Dan un marché, si l'offre diminue, les prix doivent augmenter en conséquence. La production de viande de bœuf par rapport à la consommation par habitant en 2012 sera en baisse 5% d'après certains calculs.

Encore une fois, un « monde » sépare les acheteurs et les vendeurs de bœufs vivants cette semaine. Les acheteurs se situent à $121 et les vendeurs sont à $126. Le prix au comptant la semaine dernière se situait à $123.

L'enthousiasme de cette semaine provient surtout de la hausse des prix des découpes : Choice en baisse de $0.24 à $186.32 (hausse de $3 depuis une semaine) et les Select en hausse de $0.84 à $182,32. Mais aussi de la hausse du rythme des abattages qui semble prendre quelques personnes par surprises. Les abattoirs, malgré des marges négatives, semblent enclins à produire plus. Pourquoi? Et pour qui?

De plus, bien les consommateurs américains pourraient être réfractaires à acheter de la viande de bœuf, les étrangers n'ont pas la même gêne puisque les exportations ont atteints des niveaux importants : 22 330 tonnes métriques comparativement à la moyenne des 4 dernières semaines qui se situait à 14 630 tonnes. Ainsi, depuis le début de l ‘année 2012, les exportations se situent à 168 630 tonnes en hausse de 1,7% par rapport à la cadence de l'an dernier.

 

Porcs

Le porc a aussi remonté, mais malgré certaines données positives, n'arrive tout simplement pas à reprendre tout le terrain perdu depuis octobre dernier.

Nous arrivons au terme de la hausse saisonnière dans le porc. Il faudra surveiller la semaine prochaine pour voir si des renversements de tendance seront amorcés. L'année 2011 aura été une année atypique, 2012 peut-elle nous réserver des surprises à ce niveau aussi? Pour demeurer dans les généralités, normalement, le marché des contrats de avril se transige à prime (au-dessus) du marché au comptant de 5 cents la livre (moyenne 5-ans) alors que présentement le contrat à terme se transige à peine 2 cents au-dessus du comptant. Peut-on y voir un signe que le prix pourra monter ou un signe que le pessimisme revient un peu dans le marché?

Le marché attend probablement aussi les chiffres d'exportations avec une grande impatience aujourd'hui ou lundi. Malgré de bonnes exportations récemment, le marché redoute une baisse de régime de ce poste de la demande. Concernant cette demande, le marché au comptant a amorcé sa baisse. Il se situe à $87,66 en baisse de $0.05 au 7 février dernier (Lean Hog Index). La découpe se situe quant à elle à $84,82 en baisse de $0.23 hier soir.

On sentait une baisse du rythme des abattages depuis 2 semaines, mais ce n'est plus le cas cette semaine. Le rythme est supérieur aux semaines précédentes et au-dessus de l'année dernière. Nous verrons ce que ferons les abattoirs ce samedi. Il est prévu que certaines abattent un minimum de porcs afin de juguler les pertes (marges négatives). De plus, la hausse de l'abattage couplée avec une stagnation du poids (275,4 livres) des porcs continuent de créer des pressions sur les prix.

 

 


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