Maïs
Le maïs se corrige après les hausses impressionnantes des 2 dernières semaines. Jusqu'où la correction portera les prix? Nul ne saurait le dire avec certitude, mais la baisse sera très limitée en raison de la baisse constante des estimations de rendements concernant la récolte américaine.
Bien que le Pro Farmer Crop tour ait estimé les rendements autour de 147.9 boisseaux/acre, plusieurs analystes commencent à chiffrer les rendements bien en-deçà de cette estimation. J'ai lu sur un site 145 boisseaux/acre de la part d'un analyste. Lorsqu'on multiplie le rendement espéré par la superficie récoltée (84 millions d'acres), la récolte devrait tourner autour de 12.2 milliards de boisseaux. Il faut réduire la demande par un minimum de 500 millions de boisseaux afin de conserver certains inventaires.
Bien que plusieurs fabricants de moulées aient réduit récemment la consommation de maïs pour la remplacer par le blé, la structure de prix du blé fait en sorte que celui-ci revient plus cher que le maïs à moyen terme. Ainsi, le maïs peut continuer de s'apprécier sans grande préoccupation. Il faudrait une correction importante du blé afin de revenir à une situation qui prévalait encore il y a 2 à 3 semaines à peine. De plus, les derniers chiffres concernant le Cattle on Feed impliquent que le demande de maïs sera importante puisque plusieurs bêtes sont encore dans les parcs et ne peuvent être laissées dans les pâturages. La demande demeurera vraisemblablement stables jusqu'à l'hiver. Le porc et la volaille demeurent des points d'interrogation quant à la demande de maïs. On sait que la demande provenant du marché de la volaille va diminuer avec les difficultés qu'ont les entreprises à survivre dans cet environnement des prix des intrants élevés. Le porc américain a connu un bon début d'année, mais les prix contrats à terme d'octobre et décembre font en sorte qu'un producteur perdra de l'argent cet automne et cet hiver si les prix de grains demeurent où ils sont.
Il ne reste que l'éthanol et les exportations. Les exportations demeurent décevantes quant aux niveaux historiques de ventes, mais les États-Unis ont tout de même vendus plus de 350 000 tonnes la semaine derniere à destination inconnue. Le USDA devra vraisemblablement réduire beaucoup cette donnée dans son prochain rapport. De plus, il semble que la Chine soit en train de négocier l'importation de plus de 2 millions de tonnes de blé russe. Quant à l'éthanol, pour l'instant les usines tournent encore, mais il n'est pas dit que les subventions ou même que les exigences en matière de blending demeureront ce qu'elles sont dans les prochains mois. La production d'éthanol s'est établie à 888 000 barils/jours la semaine dernière, ce qui constitue une utilisation de 94.59 millions de boisseaux. Il ne reste qu'une semaine de données concernant l'éthanol, mais on peut estimer que le USDA réduira la consommation de presque 75 millions de boisseaux pour la saison 2010/11.
Pour les acheteurs de grains, profitez bien de la baisse des prix pour fermer des prix à moyen terme (3-6 mois). Pour les vendeurs, il est possible que les prix remontent au-dessus de $8 d'ici la prochaine récolte puisqu'on aucun substitut n'est disponible en ce moment : ni le sorgo, ni le blé ne peuvent être économiquement avantageux à ce moment pour remplacer le maïs. De plus, la récolte de sorgo n'est pas en bonne condition.
Les bases demeurent plus fortes que d'habitude : +55 cents sur septembre pour les producteurs dans l'est des États-Unis et presque +10 cents pour les producteurs de l'Illinois alors que l'an dernier les bases étaient négatives de 10 cents.
Bœuf
Une combinaison de facteurs influence négativement les prix du bœuf pour les échéances proches. Les effets de l'ouragan Irène se font encore sentir sur les consommateurs, les données économiques ne sont pas positives et la confiance des consommateurs est toujours aussi fragile. Plusieurs analystes diminuent les estimations de consommation de viande de bœuf sur le marché nord-américain. La hausse du dollar américain depuis 2 jours pourrait constituer une source de distraction pour ceux qui regardent les exportations.
Le prix au comptant se transige autour de $112.50. Les acheteurs se situent à $110 et les vendeurs seraient entre $113 et $116. Les découpes demeurent sous pression : Choice en baisse de $1.78 à $182.79 et les Select en baisse de $1.70 à $174.37.
Les ventes à l'exportation sont encore une fois excellentes en se chiffrant à 16 900 tonnes métriques.
Il semble que certains éleveurs ont dû se départir de plusieurs bêtes de reproduction en raison de la sécheresse dans le sud des plaines américaines. Le manque de pâturage et le prix élevé des grains font en sorte que les éleveurs ne peuvent supporter davantage ces coûts et laissent aller à l'abattoir plusieurs excellentes bêtes dont la génétique avait été développée pour ces régions spécifiques.
Porcs
Après l'expiration de contrats du mois d'août, plus rien ne va pour le porc. Le prix de la découpe a perdu de 7% depuis une semaine et les négociants se demandent pourquoi les exportations ne sont pas encore au rendez-vous afin de supporter les prix. La perte de consommation de viande en raison de l'ouragan Irène et la faible demande avant la fête du travail sont des sources de préoccupation pour les producteurs.
Le poids des porcs est aussi un élément à considérer. Le poids augmente tranquillement : 263.5 livres la semaine dernière comparativement à 262.5 livres la semaine précédente et 265.6 livres l'an dernier.
Le prix au comptant semblait en chute libre sur les différentes zones. À un certain moment, on perdait jusqu'à $3! Le Lean Hog Index se situe à $98.36 en baisse de $1.39. La découpe, quant à elle, perdait encore $1.55 pour terminer la journée à $96.48.
