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Chronique des marchés agricoles - 5 octobre 2012

05 octobre 2012,

Bœuf

Le marché devrait bien réagir aux données d’emploi américaines et canadiennes. La hausse de la création d’emplois devrait favoriser la consommation de viandes à travers le pays. De plus, l’effet de richesse apporter par l’augmentation des bourses peut aussi contribuer à une augmentation de la consommation de la part des américains qui sortent dans les restaurants.

Le marché au comptant s’est activé un peu plus dans les Plaines américaines hier. Des ventes se sont soldées à $124, en hausse de $1 par rapport à la semaine dernière. Le marché demeure calme malgré une rareté des animaux vivants. A moins que ce ne soit les abattoirs qui ne veulent pas augmenter leurs charges de travail et accumuler des pertes sur les animaux (marges négatives). Le rythme des abattages, au jeudi soir, se situait à 492 000 têtes, en baisse de 13 000 têtes par rapport à la semaine dernière et 34 000 têtes de moins que l’an dernier.

Malgré des prix élevés de grains, les producteurs continuent de garder leurs bouvillons et ceux-ci atteignent des poids moyens records (carcasse) : 874 livres  versus 853 livres l’an dernier. C’est une grande préoccupation des négociants, puisque malgré la baisse des animaux disponibles, la viande produite demeure presque constante. La production de la semaine se terminant le 22 septembre était chiffrée à 499,1 millions de livres en baisse de 1,7% par rapport à l’an dernier, malgré une baisse des abattages de 5%.

Les exportations ont été bonnes après 2 semaines de déception: 15 794 tonnes métriques. Un acheteur s’est même permis de négocier 539 tonnes métriques pour livraison en 2013. Il faut croire qu’il est préoccupé par les hausses de prix ou la rareté du produit possible durant la prochaine année. Les ventes cumulatives sont en hausse de 2,2% par rapport au rythme de 2011.

Les exportations américaines pourraient aussi grimper dans les prochains jours et semaines avec le plus gros rappel de viande de bœuf  de l’histoire canadienne.  1500 produits ont ainsi été rappelés, mais nulle part on cite la quantité de viande totale. De plus, l’usine de transformation demeure fermée jusqu’à nouvel ordre.

Le marché tarde à vouloir revenir en hausse et suivre le porc. Il est possible que techniquement le marché veuille retester ces creux récents pour mieux remonter.

 

Porc

Depuis 2 semaines, la bonne presse et les médias aident les prix du porc à poursuivre son ascension. Évidemment, ce sont ultimement les prix de la découpe et au comptant qui dictent les prix, mais il semble que les consommateurs soient aussi sensibles aux rumeurs à l’effet que le monde sera en pénurie de viande en 2013. Il est intéressant de noter aussi que les promotions vont bon train aux États-Unis en raison du « Mois du Porc ». Les chiffres d’emploi de ce matin, qui furent positifs, peuvent aussi certainement aider la consommation de viande dans les prochaines semaines. Les « grosses fêtes américaines » s’en viennent et les festivités pourraient se dérouler avec plus d’enthousiasme que les 3 dernières années.

Le prix au comptant se situait à $78,38 au 3 octobre. La découpe quant à elle montait encore une fois hier pour terminer la session à $84,95. Les marges des abattoirs sont encore très saines.

Le rythme des abattages demeure très élevé, mais à voir le comptant monter on peut se douter que se sont maintenant les abattoirs qui « courent » après les porcs disponibles. La situation devient intéressante pour les producteurs qui n’en espéraient pas autant après les mois de juillet et d’août qui furent terribles et le pessimisme qui régnait à ce moment.

Contrairement au bœuf, les poids moyens sont en baisse et se rapprochent de la moyenne de poids des 5 dernières années. Le poids moyen des porcs abattus dans la région de l’Iowa-Minnesota était de 269,2 livres versus 270,2 livres la semaine précédente et 270,5 livres l’an dernier. Une baisse de 1 livre versus une hausse de 0,5 livre pour l’an dernier.

L’état de la production au 22 septembre était en baisse de 5,3 millions de livres par rapport à la semaine précédente, mais était en hausse de 5,2% de plus que l’an dernier.

Il faudra surveiller l’état des contrats à terme sur les mois de 2013. Ils ont atteints de nouveaux sommets, mais n’ont pu tenir. Après des gains importants en 3 semaines (double-sommet sur quelques mois), le marché est peut-être prêt pour une correction.


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