Maïs
Malgré la baisse des marchés financiers, les prix de maïs se maintiennent sur la force du rapport du USDA de vendredi dernier.
Plusieurs nouvelles viennent affecter le marché en ce moment outre les inventaires serrés que le USDA a démontré vendredi.
La Chine a acheté plus de 240 000 tonnes de maïs jeudi dernier, mais le marché lui a donné peu d’écho ce qui est surprenant. La rumeur veut que le pays soit encore dans le marché pour acheter 120 000 tonne de plus.
De plus, dans le rapport des exportations de ce matin, les ventes à l’exportation ont surpassé les attentes et on constate que la Chine a acheté plus 390 000 tonnes de maïs américain.
L’EPA (Agence américaine en environnement) vient d’approuver l’utilisation du E15 dans les véhicules automobiles ayant été produits à partir de 2001. Plusieurs lobbies étaient contre ce changement, puisque plusieurs indiquent qu’il y aura davantage de dommages au système d’injection et aux « composantes moteur ». Par contre, les autres souhaitent surtout réduire notre dépendance aux produits fossiles. En bref, seulement 3 ou 4 états ont approuvé l’utilisation du E15 dans l’essence pour l’instant. Nous verrons comment les inventaires d’éthanol et les producteurs réagiront en terme de production dans les prochaines semaines.
Ce qui déçoit le plus en ce moment, c’est la baisse importante de la production d’éthanol aux États-Unis : 873 000 barils par jour, en baisse 16 000 barils par jour. L’industrie consomme ainsi de moins en moins de maïs pour la production d’éthanol.
Certains analystes continuent de réduire la production en Amérique du Sud. Le Rosario exchange vient de diminuer ses estimations de récoltes en Argentine. Au Brésil, malgré le bon début de saison pour la deuxième récolte, plusieurs s’entendent pour dire que le manque de pluie devient problématique à ce point. L’espérance de voir une récolte se situer autour de 62 millions de tonnes pour le pays s’amenuise de jour en jour.
Le USDA sortira un nouveau rapport sur la situation mondiale le 10 avril prochain. Il sera important de constater les niveaux d’inventaires mondiaux dans la fève, mais aussi dans le maïs.
Bœuf
Les conditions économiques (incertitudes) font mal aux prix des contrats à terme, mais encore une fois, il faut mentionner la saisonnalité très forte qui agit assurément sur les prix en ce moment.
L’histoire de la « gelée rose » continue d’alimenter les discussions des abattoirs qui se sentent un peu flouer dans le marché puisque elles ne pourront vraisemblablement plus utiliser certaines parties des découpes pour « remplir » le bœuf haché maigre. Ainsi, une plus grande partie de l’animal sera perdue et diminuera la profitabilité des entreprises.
Au bout du compte, c’est le consommateur qui paiera plus cher la viande puisque les abattoirs devront payer les animaux plus chers, mais utiliseront moins de l’animal dans les produits offerts. Pour l’instant, il semble que le consommateur ne se soit pas trop intéressé à la question, mais si jamais ce problème circulait à plus grande échelle, celui-ci pourrait craindre pour sa santé et réduire sa consommation de viande de bœuf.
Les prix au comptant continuent de chuter de façon importante. Dans plusieurs états, les prix affichés étaient inférieurs de 1 à 2 dollars sous les prix de la semaine précédente. Ainsi les prix offerts au Texas se situaient entre $119 et $120, au Kansas entre $120-$121 et au Nebraska entre $121 et $123.
Les découpes sont aussi en chute libre : Choice en baisse de $2.45 à $180.64 et les Select en baisse de $2.54 à $178.37.
Les ventes à l’exportation se sont chiffrées à 13 200 cette semaine, légèrement en-dessous de la moyenne des dernières semaines.
Malgré encore une fois, la baisse de production et la rareté des animaux, c’est le côté de la demande de viande qui semble être problématique en ce moment. Par contre, les prix ont beaucoup baissé depuis plus d’un mois, et il est possible que ceux-ci aient atteint les creux saisonniers. Il faut demeurer attentif à un changement de tendance à court terme, mais ne pas précipiter les choses en raison de l’incertitude des marchés financiers.
Porc
Les prix du porc sont aussi pris dans une spirale négative récemment, mais il est possible que malgré le peu d’enthousiasme des marchés qu’il se développe certaines choses possiblement intéressantes pour l’automne prochain au niveau des prix. La baisse récente des prix du porc et la volatilité des grains font en sorte que les producteurs auront moins de désir d’expansion dans les prochains mois. Le rapport du Hogs & Pigs montrait timidement cette possibilité. Par contre, il est tout de même surprenant de constater l’accroissement du cheptel reproducteur cet hiver comme si les producteurs souhaitent quelque chose qui ne s’est pas produit. Irons-nous vers une certaine liquidation dans les prochaines semaines? Le fait d’abattre des truies pourrait vraisemblablement augmenter l’offre de viande dans les prochaines semaines…
La découpe vient d’atteindre de nouveaux bas des derniers 15 mois (6 janvier 2011). Le prix au comptant a légèrement progressé hier pour finir à $78,57. Le prix au comptant se situe à $82,68 au 3 avril en légère hausse de $0.01.
Les prix demeurent très intéressants à ces niveaux pour les acheteurs surtout lorsque nous comparons les prix au détail avec le bœuf et le poulet. Il faut noter aussi que la production de viande de bœuf et de poulet devraient continuer leur déclin laissant une place plus grande pour le porc (mais il ne faudrait exagérer sur la production!!).
