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Chronique des marchés agricoles - 3 mai 2012

03 mai 2012,

Maïs

Que de bonnes nouvelles attendaient le maïs pour débuter la journée, mais celui-ci n’a pu demeure ferme et les fonds continuent de liquider leurs positions à un rythme important.

 

Avec la rareté du produit jusqu’en juillet, le maïs ne semble être du tout attrayant au niveau de l’investissement en raison de son abondance possible à l’automne prochain. Pour l’instant, la progression des semis va bon train tel que rapporté par l’équipe de Grainwiz dans son commentaire quotidien, mais il faut se souvenir que la Chine s’accapare véritablement de tout le maïs disponible sur l’ancienne et la nouvelle récolte.

 

Avec de ventes à l’exportation ce matin qui frôlent les 1,3 millions de tonnes pour l’ancienne récolte et les 2,1 millions de tonnes pour la prochaine récolte, le USDA n’aura pas d’autres choix que de réduire les inventaires finaux dans son rapport du 10 mai prochain. On sait que le USDA estime les inventaires à 801 millions de boisseaux. Le prochain rapport pourrait ainsi montrer des stocks à 750 millions de boisseaux.

 

Malgré une production record attendue pour l’an prochain, si la Chine continue d’acheter à ce rythme, les inventaires pourraient remonter à peine au-dessus du 1,2 milliards ce qui demeure peu par rapport aux besoins mondiaux.

 

Un mot sur les contreparties exécutées par les producteurs américains. Il semble bien que ceux-ci soient en retard par rapport à leurs ventes habituelles. Plusieurs acheteurs de grains ont mentionné que les ventes faites d’avance soient beaucoup plus lentes que d’habitude. Les producteurs se sentent pris entre les bons prix de juillet et les bonnes bases offertes pour les mois d’été, mais sont déçus de constater des prix plutôt bas sur la prochaine récolte. Malheureusement, on ne peut tout avoir : de bonnes récoltes et de bons prix. Avec le prix à Chicago qui oscille au-dessus des $5.25 sur la nouvelle récolte, il est normal de constater un raffermissement des bases. Celles-ci ont gagné presque 40 cents depuis 3 mois.

 

Un mot sur les fèves, le blé est en avance au niveau de la formation des têtes et la récolte pourrait être devancée de plusieurs semaines (3 semaines à certains endroits). Plusieurs analystes commencent à prévoir une hausse des surfaces ensemencées pour la « double-récolte » blé-fève. On lisait récemment que l’on s’attendait à des hausses de 2 millions d’acres supplémentaires, mais présentement on penche vers les 3 millions d’acres de plus. Si les rendements sont excellents, on peut anticiper que les prix pourraient avoir atteint leur maximum.

 

Comme à chaque année, Dame Nature soufflera le chaud et le froid sur les marchés.

 

 

Bœuf

Le marché demeure chanceux dans sa malchance puisque personne ne parle du cas de vache folle de la semaine dernière. Seul un pays à fermer sa frontière, l’Indonésie, mais ce pays importe à peine 350 tonnes par année…

 

Ce qui intéressant de constater ce matin, les ventes à l’exportation demeurent bonnes en atteignant 16 800 tonnes métriques.

 

La demande pour les animaux de la part des abattoirs continuent d’être excellente. Le prix au comptant, bien qu’ayant chuté à certains endroits à $119, aurait transigé hier autour de $120 au Nebraska et au Kansas. Les contrats à terme continuent de se transiger sous le comptant et il sera intéressant de constater, si les prix au comptant demeurent fermes en raison de la rareté des animaux, comment se comporteront les futures dans les prochains jours?

 

Les découpes viennent peut-être d’atteindre certains sommets et pourraient relâcher une partie des gains réalisés depuis 2 semaines: Choice termine en hausse de $0.71 à $191,18 et les Select en baisse de $0.03 à $186,43.

 

Le marché demeure très volatil en raison des données économiques conflictuelles. Les analystes continuent de voir le prix de l’essence trop élevé ce qui vient diminuer la consumation de viande, mais aussi les perspectives d’emploi comme étant plutôt mitigées ce qui auraient aussi une influence négative sur la consommation domestique.

 

Porc

Graphiquement, le marché est attiré par le niveau de 82.50 sur les contrats de juin et il est possible que beaucoup de spéculateurs attendent ce niveau avec grande impatience puisqu’ils sont vendeurs de presque 16 000 contrats en ce moment. Le marché demeure dans une torpeur incroyable et tout le monde se demande pourquoi nous sommes dans cette situation.

 

C’est vraiment une combinaison de facteurs qui viennent éliminer tout enthousiasme dans le porc cette année. Les données économiques en Chine sont de plus en plus préoccupantes pour le marché. On sait que les exportations ont ralenti grandement depuis 2 mois vers ce pays, mais il semble que certaines personnes anticipent le pire. Les autorités chinoises ont mentionné vouloir aider leurs producteurs en achetant leurs viandes et vouloir stocker celle-ci. Ainsi, le gouvernement souhaite créer un inventaire national. On sait que la croissance de production au 1er trimestre aura été de 4% en Chine. Or, aux États-Unis, la situation de la consommation n’évolue guère et les inventaires demeurent très élevés dans les congélateurs américains tel que rapporté par le USDA dans son dernier rapport du Cold Storage. Il faudrait un ralentissement de la production pour faire revenir les prix à des niveaux plus intéressants. De plus, la saisonnalité normale du marché aurait dû emporter les prix plus haut, mais ce n’est pas le cas présentement.

 

Un seul espoir : la découpe qui semble vouloir se réveiller après des semaines de baisses. Celle-ci a presque pris 2 cents cette semaine pour terminer mercredi à $78.45. Il faudra voir comment celle-ci se comportera dans les prochains jours. Au niveau du prix au comptant, le marché demeure stable depuis 1 mois en oscillant autour de $82.25.  

 

On sent aussi une diminution du rythme des abattages : mais de qui cette diminution provient-elle?

 


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