Bœuf
L’industrie fait des plaidoyers en faveur de la réduction du mandat de l’éthanol dans l’essence, mais rien y fait. L’industrie vit des heures difficiles au Canada comme aux États-Unis. Le USDA a permis l’ouverture de pâturages qui étaient sous le programme de conservation des terres. Plusieurs producteurs n’hésitent pas à envoyer leurs cheptels dans des états où ils peuvent paître. La migration des animaux a débuté comme en 2010-2011.
Le USDA prévoit une baisse de production de l’ordre 525 millions de livres pour le 3ieme trimestre de 2012. Par saisonnalité, ce trimestre baisse toujours, mais celui de 2012 pourrait passer à l’histoire en devenant le 2ieme trimestre depuis 1992 à atteindre des baisses aussi marquées. Le record date de 2003 avec une baisse de production de 1,1 milliard de livres.
Plusieurs analystes pensent que la réduction du cheptel américain en raison de la sécheresse sera de 2% L’année 2013 sera à surveiller au niveau de la production.
Si on tient compte de l’offre à venir, la viande de bœuf aurait un intérêt marqué à monter, mais la demande pour la viande est difficile à trouver. Sur le comptant, les acheteurs d’animaux se situent à $114 et les vendeurs oscillent à des prix entre $118-$119. Certaines transactions ont eu lieu à $118 au Kansas et au Texas. Au Nebraska, certains abattoirs ont du payer jusqu’à $119 pour obtenir les animaux.
La chaleur a eu des effets contraires cet été : une baisse du poids moyen des animaux abattus, mais aussi une réduction de la consommation. Au fond, on ne sait pas si c’est la chaleur ou les conditions économiques qui ont provoqué ce problème, mais toujours est-il que les inventaires de viandes demeurent particulièrement élevés pour un mois de juin. Les chiffres d’emploi révélés ce matin ont été meilleurs que prévu ce qui pourrait relancer la consommation de viande de bœuf et les prix temporairement.
Les abattages tournent à un rythme inférieur à l’an dernier: 502 000 têtes au jeudi versus 509 000 bêtes l’an dernier.
Les exportations de viandes ont été de 15 800 tonnes métriques, ce qui représente une hausse de 8% par rapport à la semaine dernière, mais 6% sous la moyenne des 4 dernières semaines.
Porc
Il n’est pas surprenant que le porc se soit fait tirer vers la baisse cette semaine. On note des abattages importants au niveau des cheptels reproducteurs depuis 2 à 3 semaines et les choses semblent aller en s’empirant. Après une croissance du cheptel depuis l’an dernier, les producteurs réduisent de 2,8% les truies par rapport à l’an dernier.
Les abattages pour la semaine, et ce au jeudi 2, août étaient de 1 620 000 versus 1 568 000 têtes. Il faut se rappeler que les abattages étaient presque 40 000 porcs de moins (que l’année précédente) il y a à peine 3 semaines! Le poids moyen de porcs continuent de montrer des signes de baisse, mais c’est insuffisant par rapport aux poids de l’an dernier (encore 4,5 livres de différence).
Le prix au comptant, après une brève remontée, a pris le chemin de la baisse et s’établit maintenant à $95,54 en baisse de $0,40. Le prix de la découpe s’était aussi emballé, mais le prix a redescendu de $1,25 pour terminer à $92.78. Par contre, les grossistes ont été au rendez-vous puisque les volumes d’achat de leur part ont été les meilleurs depuis le début de l‘été sur des prix à la hausse.
Tout comme le bœuf, le court terme sera très difficile pour les prix à moins que l’on puisse reproduire les exportations de l’automne 2011. Par contre, l’an prochain, on pourra prétendre à une baisse réelle de la production en nombre de porcs abattus et en production de viande.
Au niveau technique, le graphique n’est pas intéressant du tout pour les acheteurs de contrats à terme. Le marché semble bien vouloir tester le double-bas sur les contrats d’octobre et certains négociants pensent les contrats d’octobre et de décembre auraient réalisé ce qu’on appelle une formation en « tête-épaule »; ce qui pourrait signifier une baisse de $4 supplémentaires dans les prochains jours et semaines avant d’établir un bas.
