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Chronique des marchés agricoles - 29 mars 2012

29 mars 2012,

Maïs

Le rapport de vendredi continue d'alimenter plusieurs discussions et fait chuter le maïs.

Je souhaitais vous présenter quelques chiffres que j'ai pu obtenir suite à une lecture intéressante :

Le rapport du 30 mars a provoqué des mouvements « limites » sur le maïs une seule fois en 10 ans et c'était l'an dernier.

Le rapport des inventaires trimestriels a par contre provoqué des hausses ou des baisses limites à 6 reprises depuis les 7 derniers rapports.

Depuis les 15 dernières années, le comportement du maïs avant le rapport démontre une baisse de 3% avec une occurrence à 73 % du temps et ce, 5 jours précédents le rapport. A la suite du rapport, les prix ont tendance à remonter 60% du temps avec un gain potentiel de 7%.

La fève se comporte inversement au maïs : il y a 60% de probabilité qu'elle monte de 2,78% dans les 5 jours avant le rapport. Par la suite, les prix ont tendance à décliner dans une proportion de plus 50% et perdre toute l'avance acquise avant le rapport. Il est possible que le déclin soit plus important cette année compte tenu du positionnement acheteur record des fonds et des spéculateurs dans le marché.

Le blé de Chicago semble perdre 6% de sa valeur dans 63% des cas avant le rapport et perdre un autre 2% à la suite de rapport et ce dans 51% du temps.

Le marché demeure très sensible aux anticipations et aux estimations :

Attentes Moyennes des Stocks trimestriels
Maïs 6,151 milliards de boisseaux
Soya 1,361 milliards boisseaux
Blé 1,255 milliards de boisseaux

Moyennes Estimations « Acreages »
Maïs 94,7 millions d'acres
Soya 75,5 millions d'acres
Blé 57,6 millions d'acres

Les données des ventes à l'exportation ont atteint un creux pour 2012 en sortant à 130 700 pour la récolte 2011/2012.

 

Bœuf

Il y a débat important qui se déroule aux États-Unis relativement à un additif que les abattoirs mettent dans la viande hachée : la gelée rose (Pink slime). Certains activistes voudraient carrément retirer cet additif fait de viandes prises sur des coupes de bœuf qui sont moins prisées par le consommateur. Ces petites parties de viandes sont finement hachées puis incorporées dans le bœuf haché ordinaire afin de le rendre moins gras. Cet additif est traité avec de l'hydroxyde d'ammonium afin d'éliminer les bactéries.

Plusieurs groupes se sont élevés contre cet additif qu'il qualifie de « scrap ». Plusieurs chaînes alimentaires telles Kroger, Safeway et Supervalu ont annoncé vouloir retirer le produit de la viande vendue. D'un autre côté, il faudra incorporer autre chose comme additif disent certains grossistes et abattoirs. Leur argument? Cargill a estimé que 850 millions de livres annuellement était utilisé comme additif. Ainsi, il faudrait 1,5 millions de bêtes supplémentaires abattues pour remplacer cette quantité de viande perdues.

Le résultat probable : les prix devraient ainsi être augmentés pour les consommateurs. Depuis plus de 20 ans, le USDA mentionne que le produit est sécuritaire.

Si ces actions devenaient une réalité prochaine, il est possible que les prix des bœufs demeurent fermes pour les prochaines années jusqu'à temps qu'un nouveau substituts fasse son apparition.

Les prix au comptant demeurent sous pression en situant autour de $126 dans quelques états. Les découpes ont fortement chuté : Choice en baisse de $1.20 à 184.24 et les Select en baisse de $1.06 à 184.32.

La saisonnalité n'a pas fini de faire son œuvre sur le bœuf, mais la réalité est que la demande provenant pourrait surgir plus tôt cet été et ainsi pourrait supporter des prix un peu plus élevé. Pour cela, il faudra encore de bonnes données économiques américaines et un coût de l'essence un peu moins élevé.

 

Porc

La découpe reprend une partie du terrain perdu cette semaine, mais a perdu tout de même $0.12 hier pour s'établir à $80.28. Le prix au comptant demeure sous pression aussi puisque les abattoirs ne retrouvent pas leur souffle dans ce contexte de marges négatives. Le Lean Hog Index se situe maintenant à $85.21 au 26 mars 2012.

Il faut souligner que le rythme des abattages vient de soudainement passer sous celui de l'an dernier. Hier, les abattoirs auraient abattus 1,235 millions de porcs comparativement à 1,248 millions de têtes l'an dernier. Il faut que cela ralentisse puisque la production pour le mois de février a été supérieure de 6% par rapport au mois de février 2011! Couplez cette donnée avec le fait que nous ayons connu un rapport du Cold Storage très négatif la semaine dernière, il faudra des exportations astronomiques pour sortir les prix de leur marasme présent.

Nous aurons le rapport du Hog & Pig demain après-midi. Les analystes s'attendent toujours à une croissance du cheptel, mais commencent à modérer leurs attentes. On prétend toujours par contre, une croissance de près de 2% en 2012, mais certains avertissent que les gains de productivité pourront être moindre advenant de grandes chaleurs cet été.

Encore une fois, le porc demeure chanceux puisque les prix du bœuf au détail ne reculent pas. Alors les prix du porc peuvent être attrayants au niveau du consommateur américain. Il faut peut-être anticiper une amélioration de la demande pour les prochains mois.

 


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