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Chronique des marchés agricoles - 24 août 2012

24 août 2012,

Bœuf

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Les marchés ont pris une tournure plutôt négative cette semaine. Plusieurs facteurs viennent hanter les marchés des viandes.

Évidemment un des facteurs peu discuté est la hausse constante des prix du pétrole et de l’essence aux États-Unis. Avec la fermeture temporaire d’une raffinerie, les prix de l’essence ont augmenté considérablement en août passant de $2.50 à $2.70 le gallon. Ainsi, les pétrolières viennent prendre l’argent discrétionnaire disponible et réduit le pouvoir d’achat des américains.

La hausse des actions avait aussi du bon puisque cela créait un effet de richesse non-négligeable chez les détenteurs d’actions. Mais après avoir atteint des sommets cette semaine, sommet comparable à ceux de 2008, les marchés financiers prennent une pause et reculent avec les problèmes de la Grèce qui reviennent à l’avant-plan.

Bien que l’industrie avait beaucoup réagit à la sécheresse de 2010/2011, il demeure que certains pensent véritablement fermer temporairement la production. Plusieurs producteurs laitiers entre autre en Californie pourraient réduire ou carrément cesser de produire et liquider leurs bêtes. Pour l’instant entre les intentions et la réalité il semble y avoir un certain fossé. Nous aurons vraisemblablement des chiffres très bientôt à ce sujet.

Le prix au comptant cependant continue de demeurer stable. Au Nebraska, les prix seraient en baisse de $1 se négociant à $119-$120, mais au Kansas, les prix seraient en hausse de $1 sur les animaux vivants se situant à $121-$122 et $1.50 en hausse dans la carcasse.

Les prix au détail demeurent fermes et ont continué leur progression par rapport à la semaine dernière : les coupes Choice en hausse de $0.10 à $193,83 et les Select en hausse de $0.07 à $184,93.  Les prix devraient demeurer ainsi jusqu’à la fête du travail.

 

Prix Choice dans le boeuf - Dailylivestock report

Les données d’exportations ce jeudi ont été décevantes en se chiffrant à 14 700 tonnes métriques alors que la moyenne des 4 dernières semaines est à 17 450 tonnes. Les ventes cumulatives depuis le 1er janvier 2012 sont chiffrées à 631 400 tonnes en hausse de 3,5% par rapport au rythme de l’an dernier.

Le rythme des abattages qui demeure un sujet de préoccupation est à 509 000 bêtes pour la semaine, au jeudi 23 août, comparativement à 516 000 l’an dernier. Le seul point négatif serait le poids moyen des bœufs abattus : 862 livres versus 846 livres l’an denier et une moyenne située à 846,4 livres.

Le rapport du Cold Storage est encore et toujours une source de préoccupation puisque les inventaires se situent toujours 10% au-dessus des inventaires de l’an dernier. Avec la demande et les exportations qui sont prévues à la baisse dans les prochains mois, il est difficile de vivre avec ces inventaires élevés et de maintenir des prix élevés. Malgré tout, il y a du positif : les inventaires en juillet ont baissé de 3% alors que normalement à cette période ils devraient augmenter de 3%

 

 

Porcs

Les contrats d’octobre et de décembre continuent de faire de nouveaux bas de contrats alors que de jour en jour le marché prévoit des liquidations de cheptels et une augmentation de la viande produite. Tout ceci aurait moins de conséquences si les inventaires de viande de porc étaient à des niveaux relativement bas. Or, le USDA a annoncé que les inventaires de viandes de porc demeuraient à des niveaux anormalement élevés à 546,5 millions de livres, un nouveau record pour un mois de juillet.

Bien que les inventaires aient diminué de 8% en juillet par rapport à juin 2012, il faut mentionner que les inventaires globaux sont tout de même supérieurs de 20% à l’an dernier. Par contre, normalement, les inventaires diminuent de 5% à cette période alors la baisse de 8% est positive malgré tout. Si cette tendance se poursuit, l’augmentation de consommation pourrait, peut-être, absorber la hausse de la production des prochains mois.

La production demeure en forte progression : le marché à abattu 1 696 000 bêtes comparativement à 1 671 000 porcs la semaine dernière et 1 667 000 porcs l’an dernier.

De plus, les poids moyens dans l’Iowa-Minnesota est en hausse en se situant à 267,7 livres versus 262 livres l’an dernier.

Plus de porcs mis en marché et des poids plus élevés. Ce n’est pas une bonne recette pour faire en sorte que les prix remontent.

Techniquement, le marché semble à bout de souffle quant à la baisse récente. De plus, l’écart entre les contrats d’octobre et le prix au comptant est aussi une source de support possible à ces niveaux.

Le prix au comptant était encore en baisse et se situait à $87,86. La découpe, quant à elle, après avoir bien été supportée récemment vient de connaître coup sur coup des baisses abruptes et se situe maintenant à $86,58. Comme si les grossistes attendaient de voir jusqu’où pourront se rendre les prix avant de vouloir acheter la viande des abattoirs. Ultimement, cette attente fait en sorte que ce sont les producteurs qui en payent le prix en obtenant des prix au comptant qui demeurent sous pression.

La Chine est aussi au prise avec le même phénomène nord-américain de liquidation de cheptels, le Brésil n’échappe pas à la vague dans le poulet. Bref, le monde de la production de viande est en mode liquidation et surtout en mode survie.

Les consommateurs doivent s’attendre à payer leurs viandes plus chères dans les prochains mois.

Graphique Viande de porc dans les congélateurs américains  - Dailylivestock report


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