Maïs
Des histoires intéressantes provenant de la Chine ce matin. Premièrement, l’agence de presse Xinghua indique que des provinces de Chine sont au prise avec les pires sécheresses depuis les 40 dernières années ce qui pourrait la production de fève de soya, mais aussi un peu de maïs. De plus, une agence de recherche indique que les commodités agricoles devraient demeurer dans une situation des plus précaires en raison de la rareté des inventaires et de la capacité de la production nationale chinoise.
Le Japon vient de fermer ses importations de maïs provenant du l’Ukraine et de l’Europe de l’est en raison de la mauvaise qualité du grain. Le pays devra attendre la nouvelle récolte. La Chine venait d’en acheter 40 000 tonnes la semaine dernière pour en tester la qualité, nous verrons leurs conclusions…
Il y a des rumeurs que le froid de mercredi denier dans le Kentucky et certains autres états aurait produit un peu de dommages à certains plants. Les producteurs devront vraisemblablement semer de nouveau.
Il faudra suivre attentivement la réaction des marchés ce matin puisque les ventes à l’exportation se sont révélées fort décevantes : 300 400 tonnes métriques. Les analystes s’attendaient à des chiffres proches du 750 000 tonnes.
Plusieurs croient que les prix sont peu chers en ce moment en raison de la rareté qui continue de forcer les bases à des niveaux plus élevés, mais le marché et les fonds est clairement en mode liquidation. Les signaux techniques de vente s’accumulent depuis 1 semaine.
De plus, on s’attend à une bonne deuxième récolte au Brésil et les semis américains sont très avancés et pourraient éviter le pire des canicules cet été.
Bœuf
La demande sur les marchés internationaux et les prix des découpes supportent bien les prix en ce moment. Il semble que le creux de la vague ait été attient et le rebond tant espéré pourrait se produire prochainement.
Les ventes à l’exportation ce matin se sont établies à 20 700 tonne métriques. On maintient un excellent rythme d’exportation par rapport à l’an dernier.
Les découpes ont, quant à elles, progressé de plus de 5% depuis les 7 derniers jours. Les coupes de type Choice ont progressé de $2,29 à $185,76 et quant à la coupe Select, elle a monté de $1,68 pour finir la journée à $183,84. Les grossistes achètent de grandes quantités de lots disponibles. On parle de 33% de plus que l’an dernier pour la même semaine.
Les prix au comptant continuent de monter une certaine stabilité dans certains états en demeurant à $123. Dans certains états, les prix aperçus se situent autour de $122 ou $124.
Le marché attend le rapport du « Cattle on Feed » ce vendredi : la catégorie « On feed » est estimée à 102%, « placements » en mars à 92,3% et les mises en marché en mars sont estimées à 94,5%
Si les marchés financiers peuvent trouver une certaine stabilité, le bœuf pourra reprendre un peu d’altitude sur les graphiques.
Porc
Alors que les prix du bœuf se stabilisent, avec des prix de découpe historiquement élevés, c’est tout le contraire dans le porc.
La découpe vient d’atteindre des creux jamais vus depuis les 15 derniers mois. En fait, le prix est inférieur de presque 20% au prix de l’an dernier. C’est vraiment la découpe qui tire littéralement sur les prix vers des baisses quotidiennes.
Plusieurs ont vu aussi les ventes à l’exportation de vendredi dernier (baisse des exportations en Chine) comme étant un excellent prétexte pour mentionner que les inventaires pourraient monter dans le Cold Storage de la semaine prochaine. Pourtant, ce rapport du Cold Storage sorti le mois dernier avait déjà incorporé ces données et le marché avait déjà reflété les conséquences négatives. De plus, il faut mentionner que la production a ralenti sensiblement depuis 1 mois (par rapport au rythme de février et début mars) et continuera de ralentir pour les prochains mois (d’après les prévisions). Si les exportations pouvaient revenir sur les sommets atteints en novembre 2011, les inventaires pourraient chuter rapidement.
Naturellement, il y a beaucoup de « si » dans ces hypothèses, mais rien n’est à exclure. Il est très difficile de prévoir et de comprendre le pourquoi réel de la glissade des prix en ce moment.
La demande? L’offre? La croissance de 4% de la production en Chine? La baisse anticipée des exportations? L’industrie réagira-t-elle et restreindra-t-elle davantage la production dans les prochains mois? Pourquoi les consommateurs boudent-ils la viande de porc alors que c’est la seule viande qui se situe à des prix inférieurs à l’an dernier? De plus, les productions de viande de bœuf (- 6%) et de volaille (- 4%) sont encore loin de leur production d’antan et demeurent en forte baisse par rapport à l’an dernier.
