Bonjour à tous,
J'ai reçu beaucoup de commentaires et de questions sur la méthode de fermer des prix planchers avec votre marchand de grains, mais aussi sur certaines bases offertes par certains marchands du Québec pour plusieurs types de récoltes.
Grainwiz se veut le plus informationnel possible pour tous les participants des marchés agricoles et c'est pourquoi je vous propose une petite chronique, sans prétention, sur les outils de mise en marché des grains.
Mise en marché
Les producteurs de grandes cultures ont plusieurs choix afin de fermer le prix de leurs grains pour la ou les prochaines récoltes. Ils peuvent en autre :
1- Fermer les bases (livraison nouvelle récolte ou autre mois de livraison)
2- Fermer un prix au comptant (Spot)
3- Fermer un prix fixe à livraison différée (maïs livré en mars 2012 par exemple)
Ce sont les trois méthodes les plus communément proposées par les acheteurs de grains. Les producteurs de grandes cultures ont le loisir de choisir plusieurs combinaisons afin de profiter de certaines situations des marchés (raffermissement possibles des bases, ajustement de l'offre et la demande locale, marché d'exportation, etc.)
Par contre, bien que peu d'acheteurs les proposent, il existe d'autres façons de fermer des prix :
4- Fermer Chicago (mais laisser la base ouverte)
5- Fermer des prix « plancher » (par l'utilisation des options)
Un bon exemple pour illustrer le point 4 serait la situation qui prévalait en 2008 alors que les prix du maïs atteignaient presque $8.00/boisseau. Les bases à ce moment se situaient à -1.20 (bases fortement négatives). Ce qui donnait un prix à la ferme de $6.80/boisseau ou près de $268/tonne. Par contre, quelques semaines plus tard, le contrat à terme descendait à $3.80 et les bases revenaient positives à $1.00. Ce qui nous donnait un prix de $4.80/boisseau ou encore $189/tonne. Si un producteur avait fermé Chicago (ou vendre un contrat à terme) de façon providentielle à $8.00 (sommet) et laissé la base ouverte jusqu'à l'automne afin de profiter du changement de la base, il aurait pu obtenir un prix final de $9/boisseau ou $354/tonne. Je conviens que cette situation est extrême et représente une exception, mais le fait demeure que quelque fois il est préférable de fermer Chicago et laisser osciller la base. (cette situation prévaut aussi pour un acheteur de grains, mais dans une situation inversée).
Les prix « plancher » sont obtenus par l'utilisation de produits dérivés que l'on appelle OPTION. Afin de sécuriser un prix plancher un producteur de grains devra utiliser un PUT (option de vente). L'achat d'un PUT permet : 1) Protéger un prix contre une baisse possible du marché (prix plancher) et 2) Permet surtout de bénéficier de la hausse possible. Ce qui est moins contraignant que de fermer des prix à livraison différée sur lesquels le vendeur de grains ne peut plus bénéficier de la hausse puisqu'il s'est engagé à livrer son maïs ou son soya à un prix précis et négocié avec son acheteur.
Voici un exemple valide au 9 mai 2011 avec des prix réels tirés du CME Group. Un producteur de grandes cultures pourrait vendre son maïs à un acheteur de grains et se faire proposer un prix plancher de $5.73/boisseau (Chicago mars 2012 se situe à $6.51) ou encore $225/tonne livraison mars 2012. Que se passe-t-il par la suite? (je n'inclus aucune base dans les calculs!)
Si le prix du maïs baisse à $4.50/boisseau ou $177 en mars 2012, l'acheteur sera dans l'obligation d'honoré son contrat d'achat à $225/ tonne.
Si le prix monte à $8.00/boisseau ou $315/tonne, l'acheteur de grains acheter votre grains au prix de $315/tonne - (moins) la prime payée par celui-ci lors de l'achat de la protection soit $30/tonne et vous offrira donc un prix réel de $285 /tonne. Ainsi plus le prix montera et plus le producteur en bénéficiera (moins la prime payée). (Par contre dans cette situation, un producteur qui vendrait son maïs « spot » aurait tout de même un meilleur prix que l'acheteur du prix plancher puisqu'il n'aurait pas de prime à payer - mais il ne serait pas protéger contre une baisse de prix - on ne peut tout avoir dans la vie!)
Comme vous pouvez le constater, il n'y a ni bonne ni mauvaise façon de mettre en marché ses grains. Plusieurs outils existent et il est possible de combiner ces façons afin de rendre plus profitables vos exploitations agricoles et tout en faisant diminuer les risques de mauvaises surprises.
Bonne mise en marché!
