Le 28 Juin dernier, le Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) a publié son rapport trimestriel sur les actions cotées en bourse ainsi que les statistiques sur les acres ensemencés. Étant un des rapports les plus importants publiés chaque année, ce communiqué a une importance et un impact majeur pour le marché actuel, où l’équilibre entre l’ancienne récolte très limitée et la nouvelle récolte abondante est fragile. L’impact complet de ce rapport ainsi que l’étendu de sa portée sur le marché local ne sera pas connu avant quelques semaines, mais toutes chances de grands profits sur le maïs de l’ancienne récolte sont maintenant diminuées.
Bien que pour l’ancienne récolte, les quantités disponibles aux États-Unis sont encore limitées, cela ne se traduira pas nécessairement par des prix à la hausse localement. Pour le moment, même avec le mouvement régulier de camions et de trains aux États-Unis, le tonnage reste trop petit pour faire hausser dramatiquement les prix locaux. Pour que le grain local puisse être exporté, le prix de celui-ci doit être égal ou inférieur au grain en provenance du Brésil ou de l’Argentine, ce qui n’est présentement pas le cas. L’action combinée de l’immense récolte locale et d’un manque d’opportunité d’exportation est une dynamique que les producteurs doivent comprendre vu son impact direct sur la valeur de l’ancienne récolte. La demande locale est présentement stable et plusieurs acheteurs de grains ont des réserves pour l’été, ce qui limite la demande immédiate. Un autre facteur qui ne doit pas être oublié est la qualité exceptionnelle du blé provenant de l’est du Canada pour la récolte de cette année. Avec une faible demande d’exportation, cette récolte de blé compétitionnera directement avec le maïs pour le reste de l’été, produisant une chute potentielle de la demande du maïs. Par conséquent, la faible demande pour l’ancienne récolte de maïs continuera à réduire les prix et une attente trop longue avant de vendre ce maïs pourrait signifier une baisse considérable des prix.
Les statistiques sur les acréages de terre ensemencées aux États-Unis montrent un niveau de plantation proche du record. Avec tous les pays qui ont semés plus de maïs, la quantité de grain disponible mondialement sera supérieure à celle de l’année précédente. Localement, les cultures sont dans des conditions de bonnes a excellentes sauf pour certains endroits, ce qui pourrait mener à une bonne récolte cette année. Les Futurs commencent déjà à chuter et en absence de toute catastrophe naturelle du côté des Américains, le marché devrait continuer à descendre. Si le Québec ne peut exporter une partie du grain au début de l’hiver, l’offre locale excédera la demande ce qui aura pour effet de baisser les prix encore plus. Les Futurs de Décembre franchiront bientôt la barre de 5.00 et plusieurs pensent voir ce nombre diminuer jusqu’à 4.50, peut-être même 4.30 plus tard cet été. Les prix présentement peuvent sembler bas en comparaison avec les prix de l’automne 2012, mais il y a des risques de voir les profits nets des récoltes 2012 / 2013 chuter encore plus bas, peut-être à des niveaux que nous n’avons pas vu depuis plusieurs années.
Bien que nous ne puissions prédire le futur, les valeurs du marché devrait être à la baisse au cours de l’été et de l’hiver, a moins que des catastrophes naturelles comparables à la sécheresse de l’année dernière ne se produisent.
