Est-ce que le prix du soya va monter ? C’est souvent la première question qu’on nous pose. Par contre, la réponse est plus complexe aujourd’hui qu’il y a 15 ans. Auparavant, nous regardions par la fenêtre et appelions quelques amis dans le Midwest pour avoir une bonne idée des rendements et donc des prix pour l’année.
De nos jours, l’offre et la demande ne sont plus locales. Exporter du grain vers l’Europe coûte le même prix de transport que de ramener du blé du Lac St-Jean. Voici un très bref et malheureusement incomplet aperçu de la matrice des prix pour le grain du Québec.
Présentement, les exportateurs aux États-Unis ont des mois d’octobre à décembre très occupés. La Chine aurait acheté une quantité record de soya à date. La récolte de soya est presque terminée aux États-Unis et les rendements s’annoncent raisonnables. Ce qui devrait suffire à la demande, au moins jusqu’à la récolte sud-américaine.
Les semis de soya sont présentement en cours en Amérique du Sud et de récentes pluies vont aider la germination. L’Argentine et le Brésil prévoient des semis de soya record. Si les rendements sont bons, le Brésil pourrait devenir le plus gros producteur de soya au monde cette année (devançant les États-Unis). Tout indique qu’il faudra attendre février-mars pour voir les marchés augmenter ou baisser en fonction des rendements sud-Américains.
Bateaux Vrac
Vous connaissez sûrement l’impact de l’augmentation de la demande chinoise dans le soya. L’Europe n’est plus notre marché principal pour le soya. Si nous voulons exporter vers le Pacifique, la compétition n’est pas la même.
Il faut savoir qu’il en coûte environ $55 par tonne métrique de transport pour expédier du soya à partir du fleuve St-Laurent vers la Chine. Notre compétition se situe dans les ports du Pacifique ($35/mt), dans le Golfe du Mexique ($45/mt) et en Argentine/Brésil ($37/MT). La disponibilité de soya en Amérique du sud a donc un impact majeur sur le prix du soya. L’Amérique du Sud n’a pas un aussi gros impact dans les marchés Européens où nous sommes avantagés par les coûts de transport. Notre prix de base est donc constamment ajusté en conséquence.
Notre soya étant essentiellement destiné à l’exportation, les volumes que nous pouvons exporter sont aussi importants. La différence de taux de transport entre un vaisseau handymax (35 000mt) et un panamax (60 000mt) peut atteindre $20/mt. Il est donc essentiel d’accumuler des quantités importantes pour profiter de cet avantage. Si on doit payer $20/mt de plus pour le transport, nous ne serons plus compétitifs. C’est pourquoi il ne faut pas manquer le bateau lorsqu’il passe. Ce détail est encore plus important pour un produit pour lequel nous n’exportons que quelques bateaux par année comme le soya non OGM.

Il reste l’envoi par conteneurs. Il y a quelques années, le coût de transport par conteneur pouvait être compétitif sur certaines destinations versus le transport en vrac. Mais les coûts de transport en conteneurs ont augmenté et ceux en vrac ont baissé. Un conteneur vers l’Asie coute environ USD$130/mt de transport. Les conteneurs ne sont adaptés qu’à des produits à haute valeur ajoutée.
Bunge donnera une présentation sur ce sujet en janvier (date à déterminer). Contactez-nous pour vous inscrire sebastien.forget@bunge.com
