Le réseau fluvial a toujours joué un grand rôle dans l’Est de l’Amérique pour le transport des denrées et personnes. ‘’Le réseau est situé au cœur du centre industriel de l’Amérique du Nord, où l’on trouve le quart de la population d’Amérique du Nord et 55 % des industries de fabrication et de service.’’1
Au tournant des années 1900, l’industrie métallurgique est en plein essor. Le moyen le plus efficace et abordable de transporter le minerait, qui provient des mines au nord du Québec notamment, est par bateaux. Le Canada est également à développer ses exportations de grains vers l’Europe. Le minerai va vers les Grands Lacs et on ramène du grain de l’Ouest Canadien qui transite par Thunder Bay au nord de L’Ontario.
Comme dans le camionnage, la clef du succès d’une compagnie maritime est de pouvoir maximiser les volumes de ‘’backhaul’’. Si les bateaux ont les cales pleines au retour des Grands Lacs, le tour est joué.
Ce système connaîtra des heures de gloire durant les 2 grandes guerres, puis encore dans les années 1980-1990 lorsque L’URSS connait des problèmes pour nourrir sa population. La disponibilité du grain et la forte demande des marchés d’exportation seront la clef du développement des ports céréaliers du St-Laurent.

Il faut comprendre que les ports se sont développés principalement avec l’export de céréales de l’ouest. L’export de soya du Québec (et de l’Ontario) est très récent et fut marginal en comparaison du volume total transité dans les ports. ‘’De 1998 à 2003, (…) le réseau à transporté 12,5 millions de tonnes métriques par année de grain, ce qui représentait environ 30 % des exportations canadiennes.’’2. Pour référence, le Québec a produit 346 000 tonnes de soya en 2003. C’est pour cette raison que nous avons vu il y a quelques semaines le CWB (anciennement le Canadien Wheat Board) faire l’achat des actifs de Soumat à Thunder Bay et à Trois-Rivières. De même que l’investissement de la compagnie Viterra dans le Port de Montréal. Leur but est de ‘’faire sortir’’ le blé de l’ouest.
Depuis le début des années 2000, l’Asie s’est affirmée comme le plus important marché d’exportation pour les grains. Ces volumes transitent par les ports de l’Ouest : Seattle, Vancouver Prince-Rupert, etc. De plus l’ex-URSS, avec la Russie et l’Ukraine en tête, est devenue un exportateur net de céréales et un compétiteur important dans nos marchés traditionnels d’Europe. Le volume de grains qui transite par le Fleuve St-Laurent a donc diminué.
Que nous réserve le futur? Dans les dernières années, le prix du minerai s’est amélioré et nous avons vu plusieurs annonces d’investissements dans les ports du St-Laurent. Les rendements en soya et maïs nous ont aussi permis d’augmenter notre volume d’export. Sommes-nous prêts pour un nouvel âge d’or?
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Les ports de l’amont à l’aval :
Thunder Bay
Thunder Bay n’est pas un seul port, mais un ensemble d’installations portuaires. Il y a 8 terminaux à grains totalisants plus de 1,2 million de tonnes d’entreposage. C’est le port céréalier le plus important en Amérique du Nord. Tous les grains produits dans l’ouest du Canada y transitent. Notamment de larges volumes de blé, canola, grains de spécialité, etc.
Montréal - Viterra
262 000 tonnes d’entreposage. Capacité de chargement : 5 987 tonnes métriques à l’heure.
Sorel – James Richardson International
146 000 tonnes d’entreposage. Capacité de chargement : 4 000 tonnes métriques à l’heure.
Trois-Rivières – CWB
Capacité d'entreposage : 110 000 tonnes métriques Capacité de chargement : 2 449 tonnes métriques à l’heure.
Québec - Bunge
Bunge du Canada opère depuis maintenant plus de 40 ans l'un des plus performants terminaux céréaliers que l’on retrouve le long du St-Laurent, notamment en offrant aux expéditeurs canadiens et américains un accès privilégié à l’ensemble des marchés de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Moyen-Orient. Doté d’une excellente profondeur d’eau, le terminal bénéficie d’une capacité de chargement de 5000 tonnes/heure, d’un espace d’entreposage de plus de 225000 tonnes métriques et d’accès ferroviaires performants.
Port-Cartier - Dreyfuss
293 000 tonnes métriques d’entreposage. Capacité de chargement : 3 000 tonnes métriques à l’heure .
Baie-Comeau – Cargill
Entreposage 468 107 tonnes métriques. Capacité de chargement : 2 885 tonnes métriques à l’heure.
1-p.2, ÉTUDE DES GRANDS LACS ET DE LA VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT, 2007
2-p.37 ÉTUDE DES GRANDS LACS ET DE LA VOIE MARITIME DU SAINT-LAURENT, 2007
