Nouvelle

Gel hâtif et récoltes, un dernier dilemme pour la saison 2019

10 septembre 2019,

En ce début du mois de septembre, beaucoup de champs de maïs sont encore au stade pâteux et débutent à peine le stade denté.  

Au Québec, les données disponibles permettent d’établir à au moins 80% les cultures de maïs qui ont atteint le stade pâteux et 20% le stade denté selon les régions. Par comparaison, aux États-Unis, on parle d’en moyenne 89% au stade pâteux, et 55% celui denté. Les États affichant le plus de retard sont l’Ohio, le Michigan et le Wisconsin.   

Basé sur ces informations, on peut donc déjà établir qu’au Québec, très peu de cultures de maïs auront atteint le stade du point noir d’ici la fin septembre.  La bonne nouvelle, les prévisions actuelles ne laissent pas présager encore de risque de gel pour les 15 prochains jours. Mieux, on s’attend même possiblement à un retour à des conditions un peu plus chaudes qu’à la normale d’ici deux semaines dépendant des différents modèles météo.

Par contre, avec le retard actuel dans leur développement, il apparait encore difficile de croire que des gels n’affecteront pas les cultures de maïs d’ici les récoltes.

Basée sur un maïs au stade pâteux à ce moment-ci, la maturité du maïs (point noir) ne sera atteinte au mieux qu’au début octobre, mais fort probablement davantage dans les semaines suivantes. Et c’est si nous sommes bien aux stades pâteux et denté, puisqu’il y a encore quelques champs au stade laiteux…

Historiquement, selon l’Atlas agroclimatique, 8 années sur 10 un premier gel a déjà eu lieu au début octobre dans la plupart des régions de la Montérégie. Si c’est le cas, plusieurs champs n’en seront pas encore au point noir cette année, un stade à partir duquel le maïs n’est plus affecté par le gel. 

Selon la littérature agronomique, il faut surveiller le pourcentage de défoliation pour établir la perte de rendement suivant un gel : 

Basé sur ces chiffres, selon la défoliation des cultures de maïs et la 1re date de gel en octobre, on peut donc envisager une réduction du rendement de l’ordre de 1 à 23% dans le pire des cas, avec une moyenne de 5% de perte de rendement.

Statistique Canada prévoit actuellement une récolte de 3,3 millions de tonnes (3,67 millions de tonnes en 2018) avec un rendement moyen de seulement 8,8 tonnes/ha. La Tournée des Grandes Cultures qui a eu lieu il y a deux semaines se montre plus optimiste, à 9,65 tonnes/ha. pour une récolte d’au mieux 3,5 à 3,6 millions de tonnes. Considérant maintenant une perte moyenne de 5% en raison d’un gel, la récolte québécoise de maïs passerait alors à 3,15 à 3,4 millions de tonnes selon les différentes prévisions actuelles de rendement.

Pour le marché au Québec, qu’il y ait gel ou non, ce sera par contre sans aucun doute une 2e année de récolte décevante dans le maïs. Avec une demande qui avoisine annuellement 3,3 à 3,4 millions de tonnes, la disponibilité de maïs local sera un enjeu encore pour les prochains mois. La dynamique des prix sera donc certainement très intéressante à surveiller. Il faudra cependant rester attentif, puisque rapidement, à défaut d’une offre suffisante de maïs local, parions que les acheteurs ne tarderont pas à assurer leur approvisionnement sur d’autres marchés, que ce soit en Ontario, aux États-Unis ou même ailleurs.

 

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