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Reste-t-il beaucoup de grains dans les silos au Québec?

05 juillet 2019,

Il y a encore plusieurs semaines d’ici les récoltes, mais comme chaque année à l’été, la question se pose : « Que reste-t-il d’ici les récoltes pour répondre aux besoins des acheteurs? »

Si on se fie aux données de Statistique Canada et de Producteurs de Grains du Québec, très peu pour le maïs, peu pour le blé, mais encore beaucoup trop pour le soya.

Pour le maïs, dès la dernière récolte, l’écoulement aura été plus important qu’à la normale dans les dernières années. D’octobre à décembre dernier, on parle d’autour de 100 000 tonnes de plus qu’à la normale par mois, creusant dès la fin de 2018 un écart de 300 000 à 350 000 tonnes. Le rythme aura ralenti par la suite, mais sera demeuré plus élevé que l’an dernier jusqu’en avril. Sachant que la récolte de maïs de l’an dernier a affiché un recul de 4% à 3,62 millions de tonnes, la moins importante depuis 2014, on comprend qu’il y a certainement déjà moins de maïs qu’à la normale pour se rendre aux récoltes.


Suivant les données disponibles, on peut estimer qu’à la fin mai, il restait encore autour de 850 000 tonnes disponible, soit environ 212 500 tonnes de maïs par mois d’ici octobre. Or dans les dernières années, de juin à septembre, il se sera écoulé de 240 000 à plus de 300 000 tonnes de maïs par mois. Le calcul n’est donc pas très long à faire, la disponibilité de maïs d’ici octobre prochain sera très serrée.

La situation est bien différente pour le soya. Avec les mauvais prix à l’automne dernier, et malgré les inquiétudes entourant la guerre commerciale États-Unis et Chine, beaucoup de producteurs semblent avoir misé sur de meilleurs prix à l’hiver. C’était d’ailleurs le cas depuis quelques années, mais pas pour 2019.

Selon les données disponibles, il restait à la fin mai une quantité impressionnante de soya dans les silos québécois, plus de 300 000 tonnes contre normalement de 50 000 à 55 000 tonnes.

Enfin pour le blé, avec la récolte qui approche à grands pas, on peut évaluer qu’il restait à la fin mai autour de 18 318 tonnes. C’est peu par comparaison à la moyenne de 21 000 tonnes à la fin mai depuis 5 ans, et de près de 30 000 tonnes l’an dernier.

Le contexte de 2019 est donc très particulier à bien des égards. Au Québec, nous avons eu non seulement un début de saison très difficile et tardif, mais une disponibilité de maïs et de blé qui donne encore matière à s’interroger d’ici les récoltes. Avec la hausse très intéressante des prix à la bourse, la combinaison est certainement gagnante pour de bons prix d’ici les récoltes au Québec.

À l’opposé, bien que des inquiétudes météo aux États-Unis aient permis aux prix du soya de s’apprécier, les volumes impressionnants de soya encore disponible au Québec rend toujours difficile de croire que des opportunités très intéressantes se présenteront d’ici l’automne.

Que ce soit pour le maïs, le soya ou le blé, il faut se méfier aussi du retour à la hausse du dollar canadien. Il a certainement encore beaucoup de chemin à faire pour gravité de nouveau à plus de 0,80. Mais, chaque fois qu’il grimpe, c’est une pression à la baisse qu’il exerce sur les prix des grains au Québec.

 

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