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Nouvelles Agrocentre

Que se passe-t-il avec le marché du blé?

22 janvier 2020, Agrocentre

De l’ensemble du marché des grains, celui du blé est certainement l’un de ceux qui retient le plus l’attention depuis un bon moment. Dans le monde, on parle que les stocks de blé seraient d’un record de 288 millions de tonnes cette année. Ceci ne se reflète pas pour autant dans les marchés nord-américain et québécois qui restent très vigoureux. Mais pourquoi?

Aux États-Unis, les producteurs américains continuent de bouder la production de blé qui devrait atteindre en 2020 un nouveau creux historique de moins de 18 millions d’hectares (tous types de blé confondus). L’an dernier, en 2019, les ensemencements avaient déjà atteint un creux de 18,3 millions d’hectares. Heureusement, les rendements auront été à leur meilleur depuis 2016 à 3,5 tonnes/ha, de sorte que la production américaine a elle-même grimpé à 52 millions de tonnes contre 51,2 millions de tonnes l’année précédente, et un creux important en 2017 de seulement 47,4 millions de tonnes.

Malgré cette hausse de la production américaine, les stocks américains de blé n’auront pas échappé pour autant à un recul alors que les perspectives du côté de la demande domestique et des exportations américaines continuent de gagner du terrain. On parle donc d’inventaires américains qui devraient atteindre leur plus bas niveau en 5 ans.

À Chicago, avec la réduction de la production américaine de blé qui se profile en plus à l’horizon pour 2020, les prix n’ont pas manqué de fortement s’apprécier depuis le début de l’automne dernier, pour grimper à un sommet inégalé depuis août 2018 à plus de 5,60 $US/bo. (269 $Can/tonne).

La situation est quelque peu différente au nord de la frontière américaine, mais pas nécessairement négative pour autant.

Pour 2019, la récolte canadienne de blé est évaluée à 32,2 millions de tonnes par Statistique Canada, en hausse de 2,2 millions de tonnes par rapport à l’année précédente et un second sommet depuis le record important de 2013 de 37,6 millions de tonnes. Mais, pour une 2e année, on prévoit de très bonnes exportations de blé canadien de 24 millions de tonnes. La consommation animale affiche aussi une hausse de pratiquement +0,8 à 4,35 millions de tonnes, et la demande domestique canadienne totale passe ainsi à 9,35 millions de tonnes.

Au net, c’est donc 33,35 millions de tonnes de demande de blé, ce qui dépasse le volume de production de 2019, assez pour que tout comme pour les États-Unis, les stocks canadiens passent à un creux en 5 ans de 5,4 millions de tonnes. Rien d’exceptionnellement serré, mais assez pour alimenter une meilleure fermeté des prix.

Localement, au Québec, la production québécoise de blé a encaissé un bon recul aussi en 2019, passant à 250 000 tonnes, une 3e année de recul suivant le record de 2016 de plus de 310 000 tonnes.



Historiquement, bien qu’il n’existe pas de bilan officiel d’offre et demande de blé pour le Québec, on sait que la demande québécoise de blé dépasse nettement sa production. Par conséquent, pour rejoindre leurs besoins, les acheteurs québécois doivent s’appuyer sur un approvisionnement hors Québec, que ce soit en Ontario, dans les Prairies ou même parfois aux États-Unis.

Or, avec des stocks américains et canadiens à la baisse pour cette année, une moins bonne récolte au Québec, ainsi qu’un prix de référence lui-même en forte hausse à Chicago, on peut difficilement envisager pour les prochains mois que le prix du blé au Québec ne puisse pas rester ferme, voir gagner encore du terrain. Au cours des dernières semaines, il aura joué selon les régions autour de 260 à plus de 270 $ la tonne.

À ceci s’ajoute en plus la mauvaise récolte québécoise de maïs dont le blé constitue certainement un substitut de choix, un élément à considérer aussi pour les perspectives des prix du blé des prochains mois.

Avec cette vigueur du marché du blé au Québec comme à la bourse, la grande question est savoir maintenant si 2020 marquera un tournant important où nous assisterons à une forte hausse des ensemencements et de la production de blé.

À défaut de prévoir, restez à l’affût des différents contrats que peut offrir le réseau Agrocentre pour votre blé, qu’il soit fourrager ou d’alimentation humaine. Contactez l’un de nos spécialistes de la commercialisation!

 

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